Avocat (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)


I.
XII e siècle. Emprunté du latin advocatus, « celui qui est appelé à assister quelqu'un en justice », d'où « défenseur ».
1. Auxiliaire de justice régulièrement inscrit à un barreau, et qui a pour profession d'assister ou de représenter les parties, de postuler et de plaider devant les tribunaux. L' exerce aujourd'hui l'ensemble des attributions qui étaient dévolues, jusqu'en 1971, aux avoués près les tribunaux de grande instance et aux agréés près les tribunaux de commerce ou, jusqu'au 1 er janvier 1992, aux conseils juridiques. La nouvelle e a prêté serment. Avocat stagiaire. La conférence du stage des s. Admission dans l'ordre des s. Un inscrit au barreau de Paris. Un fameux, célèbre, éloquent. Une savante e. Un d'affaires. Un d'assises. L' demandeur, l' défendeur. La robe de l'avocat. Un cabinet d'avocat. Qui prenez-vous comme ? Son a bien plaidé. La provision, les honoraires d'un . Un sans causes ou, vieilli, un sous l'orme, un qui n'a pas de clients. Il s'est fait l' des causes perdues. Avocat-conseil, appointé par une société pour la conseiller. Avocat commis d'office, désigné par le bâtonnier à la demande d'un inculpé qui ne s'est pas choisi de défenseur particulier, ou d'un justiciable admis au bénéfice de l'aide judiciaire (dans ce dernier cas, on dit plus exactement Avocat commis ou Avocat désigné ). Spécialt. Avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation, auxiliaire de justice ayant la qualité d'officier ministériel, qui jouit du monopole de représenter les parties et de plaider devant la Cour de cassation, le Conseil d'État et le tribunal des conflits (on dit parfois encore Avocat aux Conseils ). Avocat général, membre du ministère public institué auprès du procureur général, et qui porte la parole au nom de la loi et de l'ordre public. Le réquisitoire de l' général.
2. Personne qui intercède pour une autre, qui soutient une cause. Vous avez en lui un zélé. Vous serez l' de ce projet auprès du ministre. Sa mère a été sa meilleure e. Ils se sont faits les s d'une mauvaise cause.
3. Avocat du diable, promoteur de la foi chargé de présenter les objections dans un procès de béatification ou de canonisation. Par ext. Dans une controverse, personne qui, non sans quelque mauvaise foi, soutient une cause généralement jugée mauvaise, ou oppose des objections systématiques à la thèse qui vient d'être défendue. Se faire l' du diable.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Celui qui fait profession de défendre des causes en justice. "Avocat fameux, célèbre, éloquent. Savant . Avocat à la Cour d'appel de Paris, à la Cour de Cassation. Plaider par . Votre a bien plaidé."
"Avocat plaidant," Celui qui s'adonne principalement à la plaidoirie.
"Avocat consultant." Voyez CONSULTANT.
"Avocat général," Membre du ministère public qui porte la parole dans l'intérêt de la loi et de l'ordre public devant une Cour supérieure.
Fam., "Avocat sans causes," Avocat qui ne trouve pas de causes à plaider.
Fig. et fam., "Avocat du diable," Celui qui propose les objections, dans une conférence, sur quelque point de doctrine ou de morale religieuse. À Rome, on appelle ainsi Celui qui, dans une cause de canonisation, est chargé de combattre les motifs donnés par ceux qui demandent la canonisation.
Il se dit figurément de Celui qui intercède pour un autre, qui en soutient, qui en défend les intérêts auprès de quelqu'un. "Vous avez en lui un bon . Je serai votre auprès de lui."
Il s'emploie aussi au féminin, "Avocate. On compte maintenant d'assez nombreuses es au Palais." On dit encore "Femme ." Fig., "Sa mère fut son e." On appelle quelquefois la Sainte Vierge "L'avocate des pécheurs."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Celui dont la profession est de plaider en justice.
VOLT.: « Un savant et estimé est certainement au-dessus de ceux qui ont acheté pour un peu d'argent le droit d'être injustes ; un tel serait un excellent conseiller ; mais où est le conseiller qui serait un bon ? »
LABRUY.: « La fonction de l' est pénible, laborieuse, et suppose dans celui qui l'exerce un riche fonds et de grandes ressources »
    Avocat plaidant, celui qui s'occupe particulièrement de plaidoiries.
    Avocat consultant, celui qui donne des conseils dans son cabinet, et des avis écrits sur les affaires litigieuses.
    Avocat du roi, de la république, impérial, qualification que, dans l'usage des tribunaux, on donne, à l'audience seulement, aux substituts du procureur du roi ou du procureur impérial.
    Avocat général, avant 1789, membre du ministère public près des cours supérieures qui portait la parole ; on disait le procureur général a la plume, l' général a la plaidoirie. Depuis 1810, titre des substituts du procureur général près la cour de cassation, ou de certains substituts des procureurs généraux près les cours impériales, et donné dans l'usage à tous les substituts du procureur général lorsqu'ils siégent, lorsqu'on leur parle ou lorsqu'on parle d'eux. Les s généraux sont hiérarchiquement supérieurs aux simples substituts ; mais les fonctions sont les mêmes.

 2   Fig. Intercesseur. Il ne faut pas se faire l' de l'injustice.
VOLT.: « Il a fini par être l' bavard de la superstition »
VOLT.: « Ils n'étaient que des s subtils et véhéments de la plus mauvaise de toutes les causes »

 3   L' du diable, celui qui propose les objections dans une conférence religieuse, et, en général, celui qui défend une chose peu digne d'être défendue.
    Avocat de Ponce Pilate, sans causes, à cause des paroles de Ponce-Pilate : non invenio causam.
    Jeu de l'avocat, jeu de société en dialogue.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
BENOIT: « [Un roi] Dulz, charitables e gentils, Juz [juste], avocaz de sainte Eglise »
     Th. le mart. 38: La cruiz arcevesqual fist porter à sa destre, Et la reisgne del frein tint en la main senestre ; Fait out sun de Jesu-Crist sun mestre
    XIIIème siècle
     Chr. de Rains, 244: Et bien saciés de voir que li doi meillour de la court [de Rome] par qui vous esploiterés plus tost de vostre besoigne aciever, c'est ors et argens
     la Rose, 19575: Mes s'il sunt advocat por eus En la cause as fins amoreus
BEAUMANOIR: « Et cil qui parolent pour autrui sont apelé »
J. DE MEUNG: « Lors se font avocas, qu'il n'ont d'autre recors, Et s'en vont en enfer tout droit plus que le cors »
     Dit des peintres: Mout d'escrivains, je n'en dout pas, Sont peintres, et tous avocas Peignent en leur parole
    XIVème siècle
BRUYANT: « Es vous un homme à moi venir, Qui bien sembloit estre advocas, Qui parler sceüst en tous cas »
    XVème siècle
FROISS.: « Le duc de Berry fut pour le vicomte de Chastel si bon et si certain , que la besogne se conclut du tout à son entente »
    XVIème siècle
GÉNIN: « Tout advocat beau diseur ressemble à bassin de jongleur »

ÉTYMOLOGIE
    Bourguig. aivocar ; provenç. , advocat ; espagn. abogado ; portug. advogado ; ital. advocato ; de advocatus, de ad, à, et vocatus, appelé : celui qui est appelé au secours ; de vocare, de vox (voy. VOIX). Avocat est un mot fait dans le XIIe siècle sur advocatus, qui avait donné, dans le français primitif, avoué.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE AVOCAT. Ajoutez :

 4   Dans le langage féodal, protecteur.
     Mém. de Louis XIV, édit. Dreyss, t. II, p. 450: Les rois d'Espagne se qualifiaient encore, il n'y a que quelques années, s d'une partie des villes que j'ai conquises en Flandre


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Celui qui fait profession de défendre des causes en justice. "Avocat fameux, célèbre, éloquent. Savant . Avocat à la cour royale de Paris, à la cour de cassation. Avocat au conseil. Plaider par . Votre a bien plaidé."
"Avocat plaidant," Celui qui s'adonne principalement à la plaidoirie.
"Avocat consultant," Celui qui donne seulement son avis et son conseil par écrit sur les affaires litigieuses. "Voyez" JURISCONSULTE.
"Avocat général," Membre du ministère public qui porte la parole dans l'intérêt de la loi et de l'ordre public, devant une cour supérieure. "Avocat du roi," Magistrat qui remplit les mêmes fonctions dans les tribunaux de première instance.
Fig. et fam., "Avocat du diable," Celui qui propose les objections, dans une conférence sur quelque point de doctrine ou de morale religieuse.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit figurément de Celui qui intercède pour un autre, qui en soutient, qui en défend les intérêts auprès de quelqu'un. "Vous avez en lui un bon . Je serai votre auprès de lui." En ce sens, on dit aussi, "Avocate. Sa mère fut son e." On appelle quelquefois la sainte Vierge "L'avocate des pécheurs."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Celui qui fait profession de défendre des causes en Justice. "Avocat fameux, célèbre, éloquent. Savant Avocat. Avocat au Parlement. Avocat au Conseil. Plaider par Avocat".
On appelle "Avocat Général," Un Magistrat qui plaide pour le Roi, et pour l'intérêt public, dans une Cour supérieure; et "Avocat du Roi," Un Magistrat qui fait les mêmes fonctions dans les Tribunaux inférieurs.
On appelle "Avocat Consultant," Un Avocat qui ne plaide point, et qui donne seulement son avis et son conseil par écrit, sur les affaires litigieuses.



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Avocat, se dit figurément De celui qui intercède pour un autre, qui en soutient, qui en défend les intérêts auprès de quelqu'un. "Vous avez un bon Avocat en sa personne. Je serai votre Avocat auprès de lui".
En ce sens, on dit aussi "Avocate. Sa mère fut son Avocate". Et on appelle la Sainte - Vierge, "l'Avocate despécheurs".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Celui qui fait profession de défendre des causes en Justice. "Avocat fameux, célèbre, éloquent. Savant Avocat. Avocat au Parlement. Avocat au Conseil. Plaider par Avocat."
On appelle "Avocat Général," Un Magistrat qui plaide pour le Roi, & pour le public, dans une Cour supérieure: Et "Avocat du Roi," Un Magistrat qui fait les mêmes fonctions dans les Tribunaux inférieurs.
On appelle "Avocat Consultant," Un Avocat qui ne plaide plus, & qui donne seulement son avis & son conseil par écrit, sur les affaires litigieuses.



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



se dit figurément De celui qui intercède pour un autre, qui en soutient, qui en défend les intérêts auprès de quelqu'un. "Vous avez un bon Avocat en sa personne. Je serai votre Avocat auprès de lui."
En ce sens, on dit aussi "Avocate;" & on appelle la sainte Vierge, "l'Avocat des pécheurs."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)


ATE, s. m. et f. Au propre, on ne le dit guère qu'au "masculin", de celui qui fait profession de défendre des caûses en Justice.
- Dans le "Dict. Grammat." on avertit qu'on dit Madame l'"Avocate Générale", Mde l'"Avocate du Roi;" mais que quand il s'agit d'un simple "Avocat", on doit dire; "femme d'Avocat", et non pas "Avocate". Tout le monde ne convient pas de cet usage: l'"Acad." ne met "Avocate" qu'au figuré; et en parlant de la Ste. Vierge.
   "Rem." 1°. Il faut dire, "Avocat au Parlement", et non pas en "Parlement". Vaug. Acad. Voyez "Parlement".
   2°. On emploie figurément "Avocat", "Avocate", pour signifier celui ou celle qui prend nos intérêts en main et qui les défend. 'Vous avez "un bon Avocat" dans cet homme; soyez "mon Avocat" auprès de lui. C'est en ce sens qu'on dit, que la Ste. Vierge est l'"Avocate" des pécheurs.
- "La Touche" remarque que dans ce sens, "Avocate" ne se dit que des persones: 'Je serai "votre Avocate", dira une femme; mais qu'en parlant des chôses, on doit toujours dire "Avocat" au "masculin". 'La vérité sera "mon Avocat", et non pas "mon Avocate".
- C'est ainsi que le disait d'"Ablancourt". Après sa mort, les Editeurs de son "Lucien" mirent "Avocate". Richelet.
   On appelle proverbialement un Avocat peu employé, "Avocat sans caûse", ou "Avocat de Pilate", par une froide allusion au mot de ce Gouverneur Romain: "non invenio in eo causam".




Emplacement dans le dictionnaire :

avitaillement
avitâillement
avitailler
avitaminose
avivé
aviver
avives
avocasser
avocasserie

avocate
avocatier
avoine
avoir
avoir droit de marque
avoir du poids
avoisiné
avoisiner
avorté
avortement
avorter




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...où se trouve actuellement la vie économique. Dans cet ordre de fonctions, en effet, la morale professionnelle n'existe véritablement qu'à l'état rudimentaire. Il y a une morale professionnelle de l'avocat et du magistrat, du soldat et du professeur, du médecin et du prêtre, etc. Mais si l'on essayait de fixer en un langage un peu défini les idées en cours sur ce que doivent être les rapports de...


Citation n°2 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...de voir dans les tribunaux comment la peine fonctionne, pour reconnaître que le ressort en est tout passionnel ; car c'est à des passions que s'adressent et le magistrat qui poursuit et l'avocat qui défend. Celui-ci cherche à exciter de la sympathie pour le coupable, celui-là à réveiller les sentiments sociaux qu'a froissés l'acte criminel, et c'est sous l'influence de ces passions...


Citation n°3 de Paul ADAM (L'Enfant d'Austerlitz)

...pour péquins, comme disait l'oncle, lui semblait ridicule, digne du goinfre. Sur le cheval, par contre, le fils du colonel se tenait presque solidement. Et vers quels plaisirs conduisait la bête ! Avocat de l'adolescent timide, le capitaine poursuivait les jupons des fraîches filles surprises aux champs ou dans les villages déserts à l'époque de la moisson. Il vantait son neveu aux rires naïfs des...


Citation n°4 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)

...des poèmes arabes appelés Moallakat, en même temps qu'il écrit un Moyen pour empêcher les émeutes dans les élections et plusieurs opuscules de circonstance, le tout sans préjudice de sa profession d'avocat. Encore moins puis-je pardonner ce coupable morcellement de la vie scientifique qui fait envisager la science comme un moyen pour arriver aux affaires, et prélève les moments les plus précieux de la...


Citation n°5 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)

...un vol fait à sa pensée. Le travail des manufactures serait même à cet égard bien moins avantageux. Croyez-vous qu'un homme, dans cette position, ne serait pas plus libre pour philosopher qu'un avocat, un médecin, un banquier, un fonctionnaire ? Toute position officielle est un moule plus ou moins étroit ; pour y entrer, il faut briser et plier de force toute originalité. L'enseignement est...


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